J'n'ai rien à dire, rien à écrire, rien à montrer. C'est peut être un signe, prouvant qu'au fond, je suis toujours perdue, et on ne m'a toujours pas retrouvée. Ni moi, ni personne d'autre. Je cherche en vain, un train à prendre en marche, qui ferait le lien, entre avant et après. J'ai besoin d'un lien, de quelque chose qui nous rattache. Il faut sûrement que l'on me traîne, moi aussi. J'ai besoin de retrouver, de réapprendre, à faire confiance, à aimer. J'm'excuse, les choses ne peuvent pas aller aussi vite avec moi. Peut être parce que de nous deux, je ne suis pas celle qui a du y réfléchir, ou faire semblant. Je subis. Le froid sans me couvrir d'avantage, la pluie sans essuyer l'eau qui ruisselle de mon visage, le vent qui gifle tout sur son passage. Ca ne suffit pas à me réveiller. Je subis le temps qui passe, et je ne dis rien. Je redresse les épaules et j'avance, parce que c'est ce que je me suis imposée. Je ne sais plus quoi faire des détails, les laisser filer, les conserver, les renvoyer. J'allais justement dire que ça faisait presque longtemps, que je n'avais pas pleuré. Mais j'en ai besoin, de mon lot quotidien de larmes, pour délaver petit à petit, ce que je laisse derrière moi. Peut être qu'avec moins de couleurs, ça me paraîtra moins attrayant. Peut être que je désirerais moins me noyer dedans. Ces souvenirs que je ressasse souvent la nuit. Afin de moins y penser la journée. J'arriverais bientôt à en parler à l'imparfait. Je les garderais au fond de moi, de ce qu'on appelle un coeur. Il parait que l'on n'en a qu'un, il parait qu'il faut en prendre soin. On ne lui avait peut être pas dit, qu'il ne fallait pas non plus piétiner celui des autres. J'arriverais un jour à ne plus en parler du tout.
