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On tourne sur soit même, on regarde en face et on ne voit rien, on est d'accord, c'est désert, c'est mort. On pense à dimanche et à tout ce que ça implique, à l'hiver qui s'approche et à la nuit qui tombe plus vite. Au froid mordant ou à la pluie. On a tous besoin de chaleur. Corporelle. Je me sens bizarre. Peut-être plus proche du mal que du bien. Je me contente de laisser couler. En me levant le matin, je ne pense qu'à lorsque approchera le soir. Le temps passe lentement, et il n'y a jamais rien à voir à travers la fenêtre. Rien qui ne change, rien qui n'évolue. Personne de différent. J'ai comme des crampes au beau milieu du ventre. Appréhension. Manque de sommeil. Ennuie. Angoisse. Le présent n'existe pas. Nul besoin de le savourer, même s'il est éphémère, on ne le voit de toute façon jamais passer. En ce moment, nous sommes déjà au passé. C'est une notion inventée pour se conforter dans l'espoir que l'on peut saisir les choses, que les instants nous appartiennent et que nous sommes les seuls détenteurs de nos espoirs et de nos rêves. De ce que sera le plus tard, le tout de suite. Le temps est écoulé. Je crois qu'on a un fil conducteur, et que c'est lorsque l'on veut le plus s'en détacher, qu'on est finalement au beau milieu de ce qui était prévu. Est ce que justement, le but n'était pas que l'on ait envie de s'éloigner pour mieux revenir. Je n'en peux plus de dormir seule. J'ai froid.
