Je ne sais plus si le temps s'emballe et me sème sur son passage, ou s'il reste figé, ne prenant pitié ni de rien, ni de personne. Lorsqu'on va trop vite, on croit parfois à tord qu'on ne bouge pas. Lorsque je ne bouge pas, j'aimerais croire même à tord, que ça va trop vite. Je ne sais pas combien de jours se sont écoulés depuis la rentrée, combien de sabliers j'aurais pu retourner. Je me contente de regarder l'aiguille du chronomètre pour en relever les minutes. J'n'ai pas vraiment le choix. La nuit, les choses passent plus vite. Demain sera un autre jour. On dit toujours que ça va s'arranger. A un moment ou un autre. Je suis mitigée. Je ne parle qu'à une minorité de gens, mais ce sont des gens à qui j'aime parler, les trois quarts de ma classe de terminale s3 sont donc pour moi de véritables inconnus. Je ne suis pas sur qu'à la fin de l'année, je connaisse leur prénom. Est ce que ça me manquera. J'en doute un peu. Je doute du fait que je puisse avoir mon bac à la fin de l'année, que je puisse intégrer une prépa, qu'ils ne me jugent pas, que je ne perdrais rien, ni personne, qu'ils nous donnent nos exam si quelqu'un meurt, qu'il y ai pensé, que ça va s'arranger. Tout s'arrête en même temps. Leur relation, mes espoirs d'excuses qui n'arrivent jamais, mon activité préférée, la scène, les décors, les costumes. Je n'ai plus aucun jeu. Je ne joue plus.
"Quoi que tu fasses, où que tu ailles, quoi que tu touches, quoi que tu ressentes, quoi que tu vois, quoi que tu saches, quoi que tu fasses, tu le fais pour elle. "
Le changement n'a pas été radical, peut être qu'il a voulu m'en faire prendre l'habitude, avant, pour que j'ai moins mal, moi aussi. Ou sans doute que c'est comme ça, et c'est tout, ni but, ni intentions quelconques. Mes yeux me font voir des choses qui n'existent pas. Sami dit que si dans une ville il y a un super pull à 20 euro mais qu'on sait qu'il ne va pas nous faire longtemps et qu'une fois qu'on l'aura eu on le jettera, qu'on achètera ce pull uniquement parce qu'il y a à peu près le même dans un magasin à 300 km, beaucoup plus cher mais qui lui sera top et avec lequel on aura toujours la classe, on irait fait les magasins à 300 km. Je suis un pull avec lequel on a la classe, d'après lui. J'écris parce que Lilo me l'a demandé, j'ai mis mes collants filés et j'ai eu l'air d'une prostituée bas de gamme. Mon ventre est aux enchères. Adulez moi si vous avez que ça à faire. De toute façon j'arrête de pleurer.
"Quoi que tu fasses, où que tu ailles, quoi que tu touches, quoi que tu ressentes, quoi que tu vois, quoi que tu saches, quoi que tu fasses, tu le fais pour elle. "
Le changement n'a pas été radical, peut être qu'il a voulu m'en faire prendre l'habitude, avant, pour que j'ai moins mal, moi aussi. Ou sans doute que c'est comme ça, et c'est tout, ni but, ni intentions quelconques. Mes yeux me font voir des choses qui n'existent pas. Sami dit que si dans une ville il y a un super pull à 20 euro mais qu'on sait qu'il ne va pas nous faire longtemps et qu'une fois qu'on l'aura eu on le jettera, qu'on achètera ce pull uniquement parce qu'il y a à peu près le même dans un magasin à 300 km, beaucoup plus cher mais qui lui sera top et avec lequel on aura toujours la classe, on irait fait les magasins à 300 km. Je suis un pull avec lequel on a la classe, d'après lui. J'écris parce que Lilo me l'a demandé, j'ai mis mes collants filés et j'ai eu l'air d'une prostituée bas de gamme. Mon ventre est aux enchères. Adulez moi si vous avez que ça à faire. De toute façon j'arrête de pleurer.




